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L'Outarde canepetière
L'Outarde canepetière est une espèce classée prioritaire
au titre de la directive européenne " oiseaux ", compte
tenu de son fort déclin en Europe et en France ces 20 dernières
années (7200 mâles en 1980, 1450 en 2000). Cependant, elle
a su s'adapter aux pratiques culturales locales pour se maintenir voire
progresser en effectif dans le Gard (Vistrenque, Costières). Principales
mesures proposées par RFF, en liaison avec les associations et la
DIREN afin de compenser les pertes de son habitat liées à la
réalisation de la ligne nouvelle : acquisitions de parcelles, mise
en place d'une gestion des sols appropriée (types de cultures, pratiques
extensives…) en partenariat avec le monde agricole (Contrats Territoriaux
d'Exploitation…), suivi des effectifs après mise en service.
La chasse
La diminution du petit gibier et l'augmentation des effectifs du sanglier
dans notre région confèrent à la grande faune un intérêt
croissant dans la pratique de la chasse. La ligne nouvelle provoquera un
effet de coupure sur des territoires de chasse, essentiellement dans les
zones de garrigues. Pour compenser cet impact sur la faune et l'activité cynégétique,
une convention sera établie entre RFF et les fédérations
départementales des chasseurs du Gard et de l'Hérault. Celle
ci prévoira notamment l'aménagement de passages pour la grande
faune dans les corridors écologiques existants interceptés
par la ligne nouvelle.
Prévention des inondations
Les cours d'eau et ruisseaux interceptés par le projet se caractérisent
par un régime hydrologique méditerranéen, avec des écoulements
irréguliers (débits d'étiage très faibles en
période de sécheresse, crues soudaines et violentes générées
par des épisodes pluvieux intenses). Les ouvrages hydrauliques de
la ligne nouvelle seront dimensionnés pour permettre l'écoulement
de crues correspondant à un débit centennal ou à un
débit historique si celui-ci est supérieur au débit
centennal. Pour le franchissement des zones inondables, les ouvrages devront
en particulier respecter l'objectif de transparence hydraulique, et présenter
des exhaussements admissibles du niveau des crues : pas plus de 1 cm en
zone sensible (habitée), 5 à 20 cm dans les autres secteurs.
A la suite des études détaillées du projet, des enquètes
spécifiques seront conduites au titre de la loi sur l'eau afin de
garantir le bon respect de ces principes.
Le patrimoine archéologique
 La plaine littorale entre Nîmes et Montpellier abrite un patrimoine
archéologique important, essentiellement de l'époque gallo-romaine
(Via Domitia, villas romaines, port antique de Lattes…). Conformément à la
réglementation en vigueur, un diagnostic archéologique sous
les emprises ferroviaires sera réalisé par l'Institut National
de Recherche pour l'Archéologie Préventive (INRAP). Des fouilles
de sauvetage seront ensuite réalisées dans les secteurs définis
comme prioritaires et à haute valeur patrimoniale.
Les protections acoustiques
 RFF
a réalisé des études approfondies (mesures
sur place de l'ambiance sonore actuelle, simulations informatiques…)
afin d'être à même de répondre aux
objectifs réglementaires : la " contribution sonore " de
la ligne nouvelle ne doit en aucun cas dépasser 58 dB(A)
la nuit pour les habitations (indice LAeq correspondant à un
bruit moyen pondéré).
 Des mesures de protection acoustique sont prévues à l'égard
de toutes les habitations pour lesquelles le seuil de gêne réglementaire
serait dépassé. Les dispositifs privilégiés
par RFF seront des protections à la source (le plus souvent des écrans),
dont les hauteurs seront adaptées. Dans les cas où une protection à la
source s'avérerait insuffisante, une protection complémentaire
de façade sera réalisée. Dans certains cas extrêmes,
l'acquisition de l'habitation pourra être proposée.
Au total, RFF devrait investir 75 Millions d'Euros (8% du coût total
du projet) pour la protection des habitations proches.
Agriculture - Mesures générales
La ligne nouvelle impactera l'agriculture directement en terme de consommation
d'espace (prélèvement de terres agricoles, création
de délaissés inexploitables). RFF limitera au strict nécessaire
les emprises du projet (largeur moyenne de l'emprise : 70 mètres
environ) pour réduire les dommages aux zones agricoles, avec une
attention particulière pour les secteurs à forte valeur ajoutée
: serres, zones AOC, arboriculture…
Comme pour la LGV Méditerranée, les acquisitions foncières
s'effectueront dans le cadre de protocoles départementaux signés
entre la Direction des Services fiscaux et les organisations professionnelles
agricoles, complété par des protocoles spécifiques à RFF
(dommages travaux, sondages…).
RFF travaille en partenariat avec les Chambres d'Agriculture pour aboutir à l'impact
global minimum sur ce secteur-clé de l'économie languedocienne.
Agriculture - Aménagement foncier
 La création d'une grande infrastructure linéaire peut induire
une désorganisation spatiale des territoires agricoles traversés
: perturbations de l'exploitation (allongements de parcours pour l'accès
aux parcelles, isolement du siège d'exploitation d'une partie des
terres…), effets de coupure (cheminements agricoles, réseaux
d'irrigation), morcellement des parcelles.
Conformément à la réglementation en vigueur, les études préalables d'aménagement foncier ont été engagées par RFF après l'enquête
publique afin d'analyser finement les conséquences de l'implantation
de l'infrastructure, d'établir un périmètre et le
type de réaménagement foncier à mettre en place, et
de proposer des rétablissements de voiries ainsi que des aménagements
hydrauliques.
Les communes pourront, si elles le souhaitent, mettre en place une procédure
de remembrement.
Patrimoine
 La ligne nouvelle traverse un seul périmètre de protection
de monuments historiques : le château de la Mogère. L'insertion
du projet dans ce secteur s'effectuera en concertation avec le Service
Départemental de l'Architecture et du Patrimoine et les responsables
du projet de doublement de l'autoroute A9 (qui se situera entre le château
et le projet ferroviaire).
La ligne est également proche du château de Montcalm (Vestric
et Candiac), mais reste à l'extérieur du périmètre
de protection (de plus, le projet passe côté arrière
du monument).
Concernant le bâti remarquable à proximité (mas…)
mais non protégé réglementairement, des traitements
paysagers permettront de diminuer les impacts et des mesures spécifiques
d'insertion paysagère pourront être envisagées en concertation
avec les propriétaires et l'ensemble des partenaires locaux désireux
de s'impliquer dans un programme de valorisation du patrimoine.
La phase travaux
Les effets sur l'environnement pendant la période des travaux sont
par nature limités dans le temps. Ils ne sont cependant pas à négliger
car leurs effets peuvent être importants sur le cadre de vie des
riverains et sur les milieux naturels : nuisances sonores, vibrations,
poussières, production de déchets, pollutions accidentelles
(hydrocarbures).
RFF mettra en place un système de " management environnemental " précisé dans
une norme NF. Ainsi, les dossiers de consultation des entreprises élaborés
avant le début des travaux comporteront des exigences particulières
en matière de protection de l'environnement durant la phase chantier.
Les entreprises retenues seront dans l'obligation d'élaborer des
Plans d'Assurance Environnement dans lesquels elles s'engagent sur les
moyens à mettre en œuvre pour réduire les impacts sur
l'environnement. Des contrôles seront effectués pour vérifier
que les dispositions de ces Plans sont bien respectées.
Les rétablissements
 Le contournement de Nîmes et Montpellier intercepte à de nombreuses
reprises le réseau routier : autoroutes, routes nationales et départementales,
voies communales. RFF rétablira l'ensemble des routes nationales
et départementales traversées par la ligne nouvelle dans
les règles de l'art, en concertation avec les gestionnaires compétents.
Pour les voies communales ou les chemins agricoles, des solutions seront
recherchées au cas par cas, en concertation étroite avec
les communes et les partenaires agricoles lors des pré-études
d'aménagement foncier (localisation, gabarit…).
Ressource en eau
L'utilisation de la ressource en eau (eau potable, irrigation) constitue
un enjeu majeur, du fait des caractéristiques du projet (circulation
de trains de fret), et du contexte local : proximité de nombreux
captages publics et privés, vulnérabilité de la ressource
(nappe phréatique souvent proche de la surface, perméabilité des
sols…), présence de nombreux cours d'eau et de plusieurs
canaux de la Compagnie Nationale du Bas Rhône Languedoc.
RFF a procédé à une analyse du degré de vulnérabilité du
milieu récepteur vis à vis d'une éventuelle pollution
accidentelle. Selon les secteurs, des mesures préventives (systèmes
de collecte des eaux de ruissellement couplés à des bassins
de confinement, imperméabilisation de la plate-forme, mise en place
d'un troisième rail anti déraillement) ou curatives (mise
en place d'un plan d'intervention d'urgence, dépollution des sols)
seront mises en œuvre. Ces mesures seront précisées à l'occasion
des enquètes spécifiques conduites au titre de la loi sur
l'eau.
Les boisements des cours d'eau (ripisylves)
 Les principaux cours d'eau de la zone d'étude s'accompagnent de
boisements rivulaires (les ripisylves). Outre leur intérêt
paysager et touristique, elles jouent un rôle essentiel dans l'équilibre
des cours d'eau : abri de biodiversité animale et végétale, épuration
des sols pollués, ralentissement de la propagation des crues, limitation
du ruissellement naturel et de l'érosion des sols, stabilisation
des berges, etc.
Pour préserver ces milieux, les défrichements seront limités
au minimum pendant les travaux, les piles et les culées des ouvrages
d'art seront proscrites dans ces secteurs, les berges seront revégétalisées
pour assurer la continuité de la ripisylve et son rôle de
transparence écologique (déplacement de la faune).
Milieux naturels et biodiversité
Le projet traverse un territoire fortement marqué par l'agriculture
et l'urbanisation, où les milieux naturels subsistent sous forme
d'îlots de végétation dispersés et de taille
relativement modeste. La réalisation de l'infrastructure ferroviaire
peut se traduire par une accentuation de l'effet de coupure (barrière
pour les déplacements de la faune sauvage), et de la fragmentation
des milieux naturels (diminution de leur capacité d'accueil, avec
un risque d'atteinte à la biodiversité).
Pour réduire ces impacts, l'aménagement et la gestion appropriée
de dépendances vertes dans les emprises ferroviaires permettra de
jouer un rôle de connexion (milieux relais) entre les différentes
zones naturelles traversées. Afin de restaurer des " corridors écologiques ",
des ouvrages de transparence seront également proposés dans
les secteurs où les déplacements d'animaux sauvages sont
importants (aménagement d'ouvrages hydrauliques, mise en place de
buses).
RFF travaille sur ces sujets en étroite relation avec la DIREN,
les associations de protection de la nature et des experts scientifiques.
Faune et flore
 Pour limiter les effets du projet sur les espèces rares ou protégées,
plusieurs solutions seront privilégiées : calage fin du tracé afin
d'éviter les stations botaniques à forte valeur patrimoniale,
limitation de l'effet d'emprise par un traitement particulier des talus,
balisage des zones remarquables, proscription des carrières et des
dépôts dans les sites les plus sensibles. Certaines phases
de travaux ne pourront être effectués aux périodes
sensibles (reproduction, floraison…).
Dans les cas où les contraintes techniques et géométriques
ne permettraient pas d'éviter des zones à haute valeur patrimoniale,
des mesures compensatoires seront proposées : acquisition de biotopes
et rétrocession à un organisme gestionnaire, transplantation
des espèces végétales protégées situées
sous l'emprise du projet, réalisation de suivis écologiques
pour les espèces les plus remarquables, financement de travaux universitaires…
Paysage
L'infrastructure ferroviaire va créer dans le paysage des coupures
visuelles, physiques, mais aussi parfois psychologiques (modifications
du cadre de vie, disparition pour le riverain ou l'usager de vues intéressantes…).
RFF a établi, avec l'aide d'un cabinet spécialisé,
un schéma directeur paysager sur l'ensemble du projet, qui recense
les zones d'enjeu paysager. Ce schéma préconise également,
selon les secteurs traversés et les caractéristiques géométriques
de la ligne, plusieurs principes d'intégration paysagère
selon que la présence de la ligne doit être dissimulée
ou au contraire affirmée : insertion du tracé et du profil
en long dans le paysage, traitement des déblais et des remblais
et des ouvrages d'art, plantations d'arbres et d'arbustes, reconstitution
de haies cloisonnées, traitements architecturaux des écrans
acoustiques.
Dans certaines zones (Montpellier/Lattes, Manduel/Redessan…), RFF
travaille à une véritable insertion urbaine, dont le paysage
constitue l'un des volets.
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